C’était une belle journée de printemps en ville de San Francisco avant qu’un gigantesque robot conduit par un alien n’apparaisse de nulle part et commence à tout détruire sur son passage. Qui est cet envahisseur ? Que veux-t-il ? Et pourquoi toutes ces actions sont-elles contrecarrées par des extra-terrestres retords ?
Enfin ! Après des mois d’attente, le TPB de la dernière série en date de Rick Remender pour Dark Horse sort dans les bacs… Et quelle déception ! Si l’univers choisi, très influencé par les films et séries de mécha nippons, est plutôt inattendu et très rafraichissant dans le monde des comics, l’histoire pêche à cause de son auteur en mode automatique. Et c’est vraiment dommage, car dans Gigantic, le fond est des plus intéressants. La terre a été crée de toute pièce par des aliens pour offrir un reality-show grandeur nature aux autres espèces de l’univers (pas de panique cher lecteur, je ne spoil rien ici puisque ceci est révélé dès les première planches !), et les humains qui ne savent évidemment rien de tout cela sont observés quotidiennement à des milliers de kilomètres de distance tel Jim Carey dans The Truman Show. Malgré cette idée assez géniale qui demeure, il faut bien l’avouer, la seule chose bien développée dans tout le récit (les media actuels, tous comme les téléspectateurs, en prennent pour leur grade), Remender passe malheureusement d’un poncif à l’autre (notamment les personnages secondaires inintéressants au possible et pour lesquels on a aucune empathie) tout en garantissant un minimum syndical d’action. Parmi des revirements de situations tous plus plats les uns que les autres et qu’on voit arriver à des kilomètres, le scénariste se permet même de se foutre complètement de la gueule du lecteur avec, au trois-quarts du récit, un twist totalement incongru, inexplicable et inexpliqué (les ‘‘monstro-plantes’’ supra-intelligente qui sauvent la mise de l’humanité, ceux qui ont lu me comprendront). Donc, à moins de ne pas être très exigeant, ou alors d’aimer se faire prendre pour un imbécile, ce Gigantic est vraiment à déconseiller. Sans doute le moins bon Remender sorti chez Dark Horse jusqu’à présent…
Aux graphismes c’est un peu mieux. Eric Nguyen (X-Men, Sandman Mystery Theater) est vraiment très à l’aise dans les scènes de destructions massives et autres anéantissements de mégapoles qui rappellent les plus belles heures du kaiju eiga. De part une mise en scène millimétrée et un sens du rythme certain, l’artiste devient le vrai maître à bord lorsqu’il s’agit de l’action. Hyper jouissif ! Pour le reste, le trait de Nguyen est très agréable à l’œil lorsque l’encrage le met en valeur (avec ce petit côté ‘‘rough’’ des plus plaisants), mais hélas la qualité des finitions n’est de loin pas constante et certaines cases souffrent terriblement de lignes bien trop grasses et qui gâche quelque peu la lecture. Malheureusement, on ne pourra blâmer nul autre que le dessinateur su-nommé, puisque c’est bel et bien lui seul qui encre ses propres planches... Damned !
En conclusion, malgré un début de récit plus que prometteur et des idées intéressantes, ce Gigantic retombe comme un soufflé. A conseiller uniquement aux fans hardcore de Remender, les autres aillant bien meilleur temps de lire Fear Agent ou The End League…











