Cela fait toujours plaisir de voir des dessinateurs talentueux s'essayer au creator-owned. C'est le cas ici de David Lloyd, dessinateur célèbre pour V for Vendetta, rien de moins. Malheureusement, sur ce coup le pari est à moitié réussi.
Niveau scénario, Lloyd utilise une trame policière des plus classique, agrémentée de mémoire qui revient au fur et à mesure. C'est assez lourd, surtout niveau dialogue, mais néanmoins on sent que Lloyd veut nous raconter quelque chose de très personnel, et cette sensation que l'auteur est libre et veut enfin s'essayer à quelque chose tout seul compense pas mal sur ce point. Pour le reste, l'histoire est assez linéaire, pas de réelles surprises, hormis peut-être un personnage principal très bien cerné (l'intrigue est en fait une excuse au développement psychologique de ce personnage) et un final de toute beauté. Heureusement me direz-vous, pour une histoire policière.
S'agissant des dessins et de la couleur, Lloyd s'essaye à une nouvelle technique à base de scanage et de rescanage, ce qui nous donne au bout du compte un trait et des couleurs assez délavées. Au niveau du rendu, cela dépend simplement des scènes et des cases: parfois tout cela est assez hideux, et parfois l'ensemble est d'une grande beauté. C'est souvent du quitte ou double.
Au niveau de l'agencement des cases, Lloyd a une approche très cinématographique du genre, il connait son métier et le fait vraiment très bien.
En bref, un album qui vaut plus pour découvrir ce que donne du Lloyd en tant qu'auteur à part entière, un livre assez sympa et surtout très personnel, qui aurait gagné à être plus accessible pour le néophyte.