Frank Miller continue son travail sur Sin City, ville du crime et du péché, avec ce cinquième tome qui plonge très nettement en terme de qualité, surtout si on le compare aux quatre très bons premiers album.
L'histoire ? Un individu, vraisemblablement faisant partie d'une des deux bandes rivales du quartier, va enquêter sur une fusillade et comprendre que la bande opposée en est l'auteur. Progressivement, il gravira les échelons dans le sang pour se rapprocher de la tête de cette organisation... Tout commençait bien : un personnage torturé, une femme fatale, des mystères, une ville sale et dangereuse... Tout portait à croire que Frank Miller allait encore nous surprendre dans son thème de prédilection, le polar bien noir, du hard-boiled pur jus. Et pourtant, non. Il se trouve que le personnage principal est affublé d'une ninja quasi-invincible (et un peu ridicule sur ses rollers) et n'aura donc aucun mal à remplir sa mission, si bien que, passé le premier quart du récit, tout le reste de l'histoire consistera en la progression de nos deux compères, meurtres sur meurtres, combats sur combats, sans même ne serait-ce qu'un début d'intrigue parallèle ou de développement des personnages. Vous l'aurez compris, on a droit à un polar plat, sans tension : un polar sans substance. Ce qui est quelque chose, quand même.
Pour les dessins, Frank Miller ne s'est rarement autant fait plaisir que sur Sin City (bon, sur 300 aussi peut-être) : storytelling éclaté, trait sec et très puissant, rare maîtrise du noir et blanc... Certaines planches sont magnifiques. Un réel plaisir même si Miller s'emmêle quelquefois les pinceaux dans des tentatives audacieuses mais assez compliquées à appréhender du point de vue du lecteur.
En bref, un polar mou et long, très loin des premiers Sin City. Reste le graphisme.











