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Les éditions Soleil nous gratifient d’un quatrième album des débuts d’Alan Moore dans le magazine 2000AD, sorte de Métal Hurlant britannique. Malheureusement, cet album est le plus décevant du lot, et de loin. Jugeons plutôt : Roxy, jeune étudiante, va héberger pendant un temps un extra-terrestre peureux. Celui-ci, interprète galactique, s’est écrasé sur la planète Terre et ne possède aucuns moyens de rentrer chez lui. Pour couronner le tout, certains scientifiques du gouvernement sont à ses trousses : Roxy et ses amis auront fort à faire pour garder celui qu’ils ont appelé Skizz loin des mains avides du gouvernement. Le parallèle avec E.T. et Rencontres du Troisième Type est si évident que Moore ne s’en cache même pas, bien que l’angle optimiste de Steven Spielberg est vite balayé par l’amer constat social de l’auteur de Watchmen qui porte un jugement féroce sur la politique britannique d’alors : jeunesse paumée en perdition, chômage omniprésent, violences permanente. En ce sens le récit sent très fortement les années 80, et si on met de côté cette critique sociale assez facile il faut bien avouer que le reste n’a que peu d’intérêt : la narration est lourde, le récit peu original (même si l’idée de l’extra-terrestre qui se « déshumanise » au contact des humains est plutôt intéressante), les personnages stéréotypés et les quelques traits d’humour pas drôles. Si on rajoute un tarif prohibitif (alors que les précédents albums de Soleil avaient plutôt un bon rapport qualité/prix) et un grand nombre de fautes de frappe et de traduction (comme les albums précédents), il faut bien avouer que ce Skizz a beaucoup de mal à passer. Heureusement, Jim Baikie s’avère plutôt bon tout au long de cet album. Même s’il ne vaut pas un Alan Davis, un Dave Gibson ou un Ian Gibbons (autres dessinateurs ayant débutés chez 2000AD), son trait réaliste et nerveux, allié à un beau noir et blanc, rend l’ensemble assez joli. Quelques petits défauts dans la narration font parfois un peu mal aux yeux, mais globalement le dessin de Baikie est très plaisant, et c’est d’autant plus dommage qu’il est légèrement comprimé dans un format qui ne lui sied pas (il aurait fallu opter pour du format franco-belge). Ce récit de science-fiction humaniste et désespéré conserve néanmoins un petit charme, même si on est à des lieux de ce qu’on pourrait attendre d’un Alan Moore à ses débuts. Lourd, attendu et sans surprise, privilégiez plutôt l’excellent La Ballade de Halo Jones, ou encore Les Inédits d’Alan Moore. |
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