Automne 1152, voilà 3 ans que la guerre contre Le Furet a pris fin. La Garde des Souris protège ses congénères et patrouille entre les villages et les territoires appartenant au peuple rongeur. Lieam, Kenzie et Saxon, 3 membres de la Garde, sont en mission pour investiguer sur la disparition d'un marchand de grain. Pendant leur quête, les 3 amis découvrent qu'un complot visant à renverser Lockhaven, la grande cité des souris, a été mis sur pied. Dès lors, ils vont se démener pour le faire échouer…
Avec Fall 1152, David Petersen nous propose une histoire d'héroïsme des plus classiques, mais très efficace. En évitant d'embrouiller le lecteur dans un scénario amphigourique, l'auteur/dessinateur fait mouche. Il pose une trame simple : le royaume est menacé et seuls des soldats de la Garde peuvent déjouer les plans du traître, agrémentée d'une légende sur un ancien membre de la Garde : La Hache Noire. De plus, au lieu de bêtement prendre un postulat de départ fantastique en utilisant des animaux qui parlent comme personnages principaux, le scénariste utilise ces rongeurs comme un miroir de notre société. Tel Art Spiegelman, Petersen montre toutes les faiblesses, les tares et les défauts de notre humanité par la voix de petites souris vivant au Moyen-âge. Le lecteur, qu'il soit petit ou grand, en aura donc pour son argent et pourra, selon son niveau, aller approfondir (ou non) la lecture de cette œuvre.
Proches des illustrations que l'on peut trouver dans les livres de contes pour enfants, les dessins de Petersen s'appliquent parfaitement au récit. Le trait est précis et clair, et les détails de chaque personnage permettent facilement une différenciation (chose pas nécessairement aisée lorsqu'on dessine des souris à longueur de cases !). La personnalité et le caractère de ces petits rongeurs est d'ailleurs très bien rendue… Un travail d'orfèvre ! De plus, les couleurs automnales magnifient les graphismes et offrent un rendu des plus réussi. Dans ces compositions de pages, Petersen opte pour une minimisation du nombre de cases (sûrement aussi due au format carré du recueil - 8.1 x 8,1''). Ceci à pour effet d'accélérer grandement le rythme de lecture, ce qui peut être une faiblesse lorsque, comme ici, le scénario n'est pas très dense. Toutefois, ce petit défaut est compensé par des effets de style assez réussis (cases placées en symétrie axiale, etc.) et qui amène un plus certain.
Une lecture Ă conseiller vivement !