Pour les deux du fond qui ne suivent pas, la bataille de Crecy est une importante bataille qui eut lieu en 1346 entre l'armée anglaise et la chevalerie française. Environ 40 000 hommes, dont les deux tiers français, qui vont pourtant subir une cuisante défaite. Et cette bataille marquera le début de la Guerre de Cent ans.
La première chose frappant dans Crecy est le sérieux avec lequel Warren Ellis semble s'être documenté. On est gavé d'informations toutes plus pertinentes que les autres, et subtilement amenées car nécessaires au bon déroulement du récit. L'histoire en elle-même nous est narrée en temps réel par William de Stonham, paysan reconverti en fantassin pour la gloire de l'armée anglaise. Un narrateur qui ne mâche pas ses mots, dédaignant ses frères d'armes mais surtout insultant, rabaissant les Français jusqu'à plus soif. Warren Ellis verse dans le french bashing jubilatoire, plutôt justifié en fait puisque la défaite de cet épisode important de l'Histoire est dûe entièrement à l'incompétence de la noblesse française. On a donc entre les mains, entre quelques combats épiques et des anecdotes plutôt intéressantes, un récit on ne peut plus cynique et jubilatoire, revisitant une bataille historique avec originalité et humour noir.
Raulo Caceres est, lui, un très bon illustrateur, mais pas plus. Il est parfait pour dessiner une armée, une charge de cavalerie, une campement ou encore des châteaux et autres villages, mais quand il s'agit d'assembler ces cases pour raconter une histoire, le travail est nettement plus laborieux. Néanmoins, on peut savourer ses planches très précises et méticuleuses, regorgeant de détails et surtout très documentées, avec un style convenant parfaitement à cette période de l'Histoire, mais son grand manque de dynamisme dans le dessin rend les scènes de combat plutôt molles du genou...Â
En bref, Warren Ellis qui revisite un des grands événements du Moyen-Âge avec cynisme et intelligence, vous pouvez y aller sans crainte !











