Basé sur des faits réels, cette histoire de guerre de Garth Ennis fait partie de ce qui devrait être au final une trilogie de 3 miniséries de 3 épisodes chacune, composée donc de ce Battlefields : The Night Witches, mais également de Battlefields : Dear Billy et de Battlefields : Tankies.
Alors qu'on aurait pu présumer qu'avec son concept de récits sur la Deuxième Guerre Mondiale, Ennis nous ponde un comics de guerre bien burné qui dévierait allègrement dans l'outrance et la surenchère, il n'en est rien ! En effet, et contre toutes attentes, l'auteur de The Preacher traite son sujet avec mesure et sobriété. Évidemment les scènes d'action à proprement parler ne sont, de loin, pas soft, cependant c'est bien dans le traitement général de son sujet que Garth Ennis étonne en proposant au final un regard sage et jamais provocateur. Par deux visions différentes (celle du soldat allemand Kurt Graff, et une, un peu moins personnalisée, avec la pilote soviétique Anna Kharkova et ses camarades), le scénariste irlandais va montrer les horreurs du champ de bataille. Ne jugeant jamais, ni l'animalité réveillée en de simples êtres humains par ce quotidien violent, ni les motifs qui les animent, Ennis va d'une manière quasi-documentaire, et par le traitement des personnages principaux comme secondaires, faire un instantané de que peut être la non-vie de la chair-à -pâtés envoyée au front. Au lecteur ensuite d'en tirer ses propres conclusions.
Aux graphismes, c'est le méconnu Russ Braun qui s'y colle (quelques Animal Man et Legend Of The Dark Knight à son actif pour DC). Rappelant tour à tour ceux de Steve Dillon et Darick Robertson (mais sans leurs talents respectifs), le style de l'artiste se laisse suivre sans trop de réticences. Se reposant parfois un peu trop sur les cases au format cinémascope, les compositions de pages sont néanmoins fluides et bien rythmées. Ceci est en partie dû à de très bons cadrages qui, notamment dans les scènes dialoguées, appuient le scénario et donne de l'ampleur à la description des personnages. Clairement pas le dessinateur qu'il faut absolument suivre, mais tout de même un bon artisan.
Et oui ! Garth Ennis peut parler de sujets graves et difficile sans pour autant dévier vers le graveleux et l'outrancier comme il en a très souvent l'habitude… Incroyable ? Et bien lisez-donc ce Battlefields : The Night Witches !











