Dans un univers post-apocalyptique tendance cyberpunk, un peu à la Mad Max, deux gouvernements distincts (le Conseil et la Commune) cohabitent en surface, mais se tirent dans les genoux sous la table. Ces deux multinationales de la politique se battent pour imposer chacune leurs drogues à la population appauvrie, qui ne parvient à survivre qu’en vendant leurs propres organes.
Quelques figures émergent de ce monde aussi toxique que dangereux : parmi elles Lisa, femme cyborg aux ordres du Conseil. Et son ex, qui l’a vendue pour se droguer, Emil, aux ordres de la Commune. Mais leur fiévreuse histoire d’amour pourtant révolue va refaire surface quand ces deux âmes à la dérives devront s’affronter pour leurs camps respectifs
Je dois dire que j’ai été plus qu’agréablement surpris par cet album. Pas forcément aux dessins, connaissant Eduardo Risso, mais surtout s’agissant de l’histoire.
Carlos Trillo parvient à nous tisser une mythologie, un univers à la dérive aussi détaillé et approfondi que sombre et sans espoir.
Il fait de plus graviter autour de cette planète une galerie de personnages truculents, tous plus intéressants les uns que les autres. Et parvient à prendre son temps sur chacun de ses personnages, même si l’intrigue est resserrée sur Lisa et Emil. Car en plus d’intrigues originales et prenantes, c’est toute l’histoire chargée et passionnée entre ces deux personnages qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.
Et le dessin est d’une qualité rarement égalée… Eduardo Risso, en noir et blanc s’il vous plait, est décidé à nous en mettre plein les mirettes dans cet album : univers post-apocalyptique parfaitement rendu, storytelling d’une efficacité à toute épreuve, prises de vues audacieuses et néanmoins très lisibles, trait nerveux et puissant, et surtout une gestion du noir et du blanc unique en son genre. Un must graphique.
En bref, un récit de science-fiction d’une impressionnante qualité, aussi bien pour le scénario prenant enrichi d’un univers cohérent et très intéressant que pour les dessins de ce grand Monsieur qu’est Eduardo Risso. A acheter sans hésiter, d’autant que la série ne comportera en tout que 4 tomes.











