Project Superpowers, c'est un projet de Jim Krueger et Alex Ross (la team à l'origine de la trilogie Earth X/Universe X/Paradise X et Justice) de ramener sur le devant de la scène certains personnages de l'Age d'Or complètement oubliés depuis.
Ce genre d'histoire est à la mode depuis quelques temps, et nous a donné, notamment, l'insipide The Twelve, toujours chez Panini. Ici, les deux scénaristes ne se contentent pas de nous livrer une histoire sur les problèmes d'adaptation de héros hors de leur temps (histoires qu'on a pu lire souvent ces dernières années avec, notamment, les personnages de Captain America, Green Arrow ou Bucky/le Soldat de l'Hiver), mais nous racontent les raisons pour lesquelles ces héros ont "disparu". Et je dois avouer que cela donne un intérêt certain à l'oeuvre, d'autant que l'angle choisi donne droit à une histoire intéressante. Gageons que la suite le sera tout autant. Ici, les héros sont archétypaux, comme ils l'étaient au début du genre, mythologiques, même, pour certains, mais avec un fond, une humanité dont ils pouvaient etre démunis à l'époque de leur création.
Graphiquement, 3 artistes se partagent le travail. On commence avec Stephen Sadowski, qui dessine le premier chapitre du recueil, dans un style très Top Cow, mais adouci et moins caricatural, d'autant que les personnages féminins sont rares voire inexistants. Douglas Klauba, qui le seconde pour les scènes pendant la Seconde Guerre Mondiale, s'en tire un peu moins bien. Il n'a pas beaucoup d'expressions faciales, au niveau de la bouche notamment, mais les yeux et les regards rendent bien les émotions des personnages. Au niveau des postures et des angles, on est dans l'archétypal, l'iconique. Un peu trop, peut-être.
Carlos Paul leur succède pour les 3 autres chapitres, et s'en tire un peu mieux, non seulement au niveau des corps et des visages, mais aussi au niveau des postures et des angles de vue. Mention spéciale également à l'encrage et aux couleurs. L'encrage, qui emphase les contours et est plus léger sur l'intérieur des corps, donne une impression de douceur, rehaussée par les couleurs de Debora Carita, elles aussi très douces. Comme quoi, une touche de féminité ne fait jamais de mal, même dans un récit purement super-héroïque.
Ne nous y méprenons pas, nous ne sommes pas, ici, en face du récit du siècle, mais nous passons un très agréable moment, qui nous fait attendre la suite avec une certaine impatience.











