Dans ce quatrième tome VO, Garth Ennis décide de s’attaquer à un gros morceau des comics US : les X-Men. Car, évidemment, les G-Men sur lesquels viennent enquêter Billy Butcher et sa bande ne sont rien de moins qu’une parodie à peine déguisée des mutants du Pr. Xavier… Alors oui, le scénariste irlandais peut sembler tourner en rond lorsqu’il s’agit de décrire les tares des super-héros (en gros, c’est comme pour les Seven et les autres groupes rencontrés dans la série jusqu’ici : ça baise et ça se déchire la gueule à tout va), mais peut-on vraiment reprocher à Ennis de faire du Ennis ? Non. Surtout quand, comme ici, c’est fait avec un humour certes bien gras, mais ô combien jouissif. De plus, l’auteur ne passe pas uniquement son temps à casser du justicier masqué. Par quelques dialogues, comme toujours bien placés, et certaines scènes plus intimistes, Garth Ennis approfondit la relation entre Hughie et Annie mais, surtout, creuse un peu plus le personnage de Butcher qui, entre ses parties de jambes en l’air avec sa patronne et sa haine démesurée à l’encontre des sups', cache une tragédie humaine dans son passé. Sinon, dans les petits coups de gueule, il faut encore relever les textes éructés par The Frenchmen, qui sont remplis de fautes grammaticales… Et ça, c’est un peu casse-bonbon… Garth, si tu me paies une Guinness, je me porte volontiers volontaire pour une relecture de tes scénars !
Aux dessins, c’est toujours le très apprécié Darick Robertson qui tient principalement les crayons. Sa narration fluide et son sens du cadrage millimétré font toujours mouche, tout comme son trait fin et précis. Et même si, d’une manière générale, on ne peut pas dire que les planches de The Boys laissent pantois, elles fonctionnent néanmoins très bien, sans esbroufe ni esclandre inutiles. Dans ce TPB, le bonhomme s’éclate particulièrement sur les costumes des G-Men, bien inspiré des pires moments kitchs des X-Men de Marvel… Un calvaire pour les fan-boys, mais un véritable régal pour les connaisseurs qui se poileront tout seul devant leur bande-dessinée. Sur certains épisodes, on retrouve également John Higgins ayant déjà officié avec Garth Ennis sur Hellblazer ou encore War Stories. Sans doute par souci d’unité, l’artiste tente de coller au plus près du style de Robertson. Il en découle une impression plutôt bizarre, et un résultat moyen. Il aurait été sans doute préférable qu’Higgins se laisse plus de liberté (ou qu’on la lui laisse ?) afin d’obtenir un meilleur résultat. La colorisation, quant à elle, est sans doute l'élément graphique le moins bien réussi de l’œuvre, Tony Aviña persistant à utiliser des teintes sombres et qui ne rendent pas bien du tout sur ce type de papier (le pire restant la représentation de la peau des personnages… presque autant moche que du Frank D’armata, c’est dire… et sinon, The Boys en N&B c’est pas possible ?).
Malgré les quelques remarques sur la partie graphique, The Boys reste un petit plaisir coupable, pour tous les amateurs de comics de super-héros qui n’ont pas peur de rire d’eux-mêmes et de leurs héros préférés qui ont bercé leur enfance… Pour les autres, à moins d’être maso, vous pouvez passer votre chemin !











