1er essai avec, peut-être, le comic-book le plus cité quand on parle de polar, la référence en quelque sorte, je dois dire que je n'ai pas été déçu : Essai transformé, rendez-vous au prochain tome. Voila. Fin de l'histoire.
Plus sérieusement, Stray Bullets t.1, c'est 4 épisodes d'une trentaine de pages, épisodes quasi-indépendants puisque ils proposent une histoire compléte à chaque fois, un morceau de vie des protagonistes, et cela à des époques différentes, mais des histoires qui commencent déjà à s'entrecroiser, où on reconnait tel personnage, où on commence à sentir les liens se resserer. C'est très bien joué pour Lapham, surtout après seulement 4 épisodes.
Mais ce ne sont que des détails, le gros du scénario c'est quand même son ambiance sombre, poisseuse, ces petits morceaux de vie de nos protagonistes, bercés entre désespoir et nostalgie, dans un monde de violence auquel, malgré tout le mal qu'ils se donnent, ils ne pourront échapper. Stray Bullets est profondément intimiste dans sa façon de caractériser les personnages et très pessimiste quant à leur avenir. Pour l'instant, on ne dispose que de bribes d'histoires séparées, mais elles commencent déjà à former un tout d'une grande puissance.
Au niveau des dessins, David Lapham, dans un noir et blanc intense fait honneur au récit grâce à son trait maîtrisé et très puissant. Il multiplie les prises de vues sans rien perdre à la narration et le format 8 cases par page est réellement un atout et donne un grand rythme au récit.
En bref, Stray Bullets, dès le 1er tome, est déjà un grand polar, un livre qui nous prend aux tripes encore longtemps après la lecture, un livre d'une grande puissance. Vivement que je trouve la suite.