Tout d'abord, cette troisième mouture de la Veuve Noire est une des mini-séries qui a inaugurée la gamme MAX de chez Marvel, il y a déjà quelques années. La gamme MAX était destinée à la base à concurrencer Vertigo en proposant des histoires libérées des restrictions imposées telles le souci de la continuité ou encore le caractère tout public du récit. Mais les albums MAX n'ont jamais atteint leur objectif. Malgré cela on a toujours droit de temps à autre à de bons récits proposés par cette gamme, comme par exemple ce Black Widow vol.3.
Attention, ce n'est pas la Veuve Noire que tout le monde connait, mais sa remplaçante, Yelena Belova, formée par les services secrets russes pour devenir la nouvelle Veuve Noire, car l'ancienne (Natasha Romanoff) a depuis longtemps quittée sa mère Russie pour aller la jouer solo.
Yelena est ici chargée d'enquêter sur l'assassinat de son mentor, assassinat survenu dans une boîte sado-masochiste russe, et va donc poursuivre son enquête en s'infiltrant dans les bas-fonds de ce sex-shop, sex-shop en apparence seulement.
Greg Rucka, scénariste plutôt à l'aise avec les personnages féminins, nous pond une Veuve Noire chargée de doutes sur son métier, sur sa mission ou encore sur sa réelle capacité à prendre la suite d'une figure mythique comme Natash Romanoff. Une Yelena très touchante et déterminée à la fois. Le scénario, teinté d'espionnage et de perversion, est très agréable à suivre même si les 3 épisodes passent très vite. Toutefois Rucka arrive en peu de pages à forger une intrigue solide et prenante, et en plus à analyser le personnage de Yelena Belova.
Sur les crayons, Igor Kordey est le dessinateur idéal pour rendre une atmosphère poisseuse et glauque à l'ensemble, et son dessin sombre et expressif et son storytelling rythmé et inventif font vraiment merveille à l'album. Rucka et Kordey forment une équipe idéale sur le coup.
Et à part ça, l'album de Panini nous propose en plus deux historiettes tirées de Marvel Knights Double Shot, une mettant en scène Daredevil, Punisher et la première Veuve Noire et l'autre mettant en scène la Cape et l'Epée, le tout signé John Figuerda et Alberto Ponticelli, puis Peter Gross et Ryan Kelly. Le premier récit est affreux, l'autre juste très moyen. C'est vraiment de l'anecdotique histoire de ne pas faire un album de seulement 70 pages.
En bref, un très bon récit d'espionnage teinté de sadomasochisme, assuré par deux auteurs en grande forme.










