Après quelques pages seulement, une constatation s'impose: Brubaker est (encore une fois) en train de faire quelque chose d'énorme. Sous le couvert de la série Captain America, le scénariste nous offre un superbe hommage aux histoires d'espionnage (que cela soit en roman ou au cinéma) déguisé en histoire de super-héros, on pense d'ailleurs assez vite aux films de Mike Hodges. Le ton est juste, les dialogues efficaces, on donne juste ce qu'il faut d'indices au lecteur pour lui donner envie de continuer et la sauce prend très vite... Et on est déjà à la fin du TPB!
Malheureusement, une deuxième constatation s'impose elle aussi. Epting (qui dessine le présent, laissant à Lark les flash-back) n'est pas taillé pour la tâche. Non pas qu'il soit mauvais, loin de là , mais sa mise en scène tombe souvent à plat (surtout dans les scènes d'action, un peu moins dans les scènes "à la film d'espionnage" il est vrai). C'est vraiment dommage avec un récit de cette qualité. Difficile de juger le bonhomme seulement sur 6 épisodes, mais des améliorations sont plus que souhaitables pour la suite...
Comme dit plus haut, les scènes de flash-back sont dessinées par Lark et là , on sent tout de suite la différence. Il est d'ailleurs incompréhensible qu'on ne lui ait pas attribué toute la série, mais son emploi du temps étant ce qu'il est avec Daredevil...
Ce recueil contient également le #7, un interlude dessiné par John Paul Leon qui nous donne plus d'informations sur un personnage secondaire de l'arc Winter Soldier. D'un point de vue scénaristique, cet épisode n'est franchement pas incroyable et, pour l'instant, il ne semble pas vraiment utile au développement de la série... De plus les dessins de Leon sont moins marquants que sont travail sur Earth X, mais cela est peut être dû à l'encrage et à la colorisation...
Une série à suivre plus pour le très bon scénario de Brubaker que pour les graphismes...